vendredi 7 mars 2014

NOS AVIS : "Incidences"

Pour cette lecture commune 6 personnes ont participé : 
> A.Z. 
> Ramettes 
> Sophia - Noté - noté : 7/10
> Tout ce qui ce lit



• "Incidences" - Philippe Djian - roman - littérature française
4ème de couv. : "Une Fiat 500. Au volant, Marc. À côté de lui, sa plus jolie étudiante. C'est la nuit, ils foncent chez lui finir la soirée en beauté. Au petit matin, son goût prononcé pour les jeunes élèves de son cours d'écriture va soudain lui passer. À cause des routes de montagne ? Du néo-conservatisme ambiant ? Des crises de sa sœur ? Ou plutôt du charme des femmes mariées ? Marc ne saurait dire. Du moins, pour le moment…"

Citations : 
> "Leur père avait toujours encouragé leur mère à casser de la vaisselle plutôt que de ravaler sa colère."
> "Quand la fatalité vous tient, résister sert-il à quelque chose ?"
> "N'importe quel crétin est capable de raconter une histoire.  La seule affaire est une affaire de rythme, de couleur, de sonorité."


> L'avis d'A.Z.
"Après cette lecture, mon avis est assez mitigé... je ne peux pas dire que j'ai détesté l'histoire, mais je ne peux pas non plus dire que je l'ai adoré non plus.
L'histoire est intéressante, commençant un peu comme un polar, qui n'en ai finalement pas un... l'auteur nous raconte l'histoire de Marc, un prof de lettres à la Fac possédant un certain pouvoir attractif sur les femmes qui l'entourent. Cependant, il y a de nombreux passages que « j'ai vu arriver », ce qui m'a déçu parce que j'ai arrêté de regarder des films à cause de cela. Mais il faut avouer que l'auteur a réussi à me bluffer avec sa chute.

De plus, l'auteur passe du coq à l'âne et il y a des passages que j'ai dû relire 2 ou 3 fois. Malgré tout, l'histoire est reste facile à lire.
Concernant les personnages, sur la couverture, ce n'est pas l'idée que je m'en faisait... d'ailleurs je me demande toujours pour les 2 filles du bas, laquelle et qui ? J'aimerais voir l'adaptation cinématographique de Jean-Marie et Arnaud Larrieu « L'amour est un crime parfait » pour me faire une idée.
Néanmoins, je vais lire 37°2 le matin du même auteur afin de vérifier si c'est l'histoire ou l'auteur qui m'a le plus partagé."


 > L'avis de Langue Déliée Note : 6/10
"J'avais entendu parlé de cette histoire suite à la sortie récente du film au cinéma et j'étais très curieuse  de lire le livre. Pour une fois, j'ai lu la 4ème de couverture entièrement. On apprend juste ce qu'il faut. Belle preuve que l'on peut donner envie de lire un livre sans pour autant y dévoiler toute l'histoire. C'est donc pleine d'espoir que j'ai participé au concours proposé par Ramettes.

Cette réédition porte en couverture l'affiche du film et je trouve étrange d'avoir 2 titres sur une même couverture, surtout lorsque le titre le plus lisible n'est pas celui d'origine du livre. Ca me gène. Entre les deux je trouve qu'aucun ne représente le livre. Je l'aurai plus appelé "Failles" correspondant plus avec la couverture d'origine (voir en bas de page).


L'histoire est racontée, à la 3ème personne, d'après la vision du personnage principal, Marc. Nous ne suivons que ce personnage et nous vivons sa vie. J'ai beaucoup aimé ce personnage si spécial... Je n'ai pas arrêté de me poser des questions.

Les phrases sont plutôt longues. Le texte est bien écrit avec des pointes d'humour et de belles tournures de phrases. Les scènes sont bien d'écrites cela nous permet d'imaginer facilement, sans pour autant nous perdre dans trop de longueurs. Un petit hic est que les 2 prénoms féminins soient proches : Marianne et Myriam. Du coup plusieurs fois en survolant les prénoms je me suis mélangée. 

Dès le début, je suis rentrée dans l'histoire qui commence fort et je n'avais pas envie de stopper ma lecture. A plusieurs reprises j'ai dû tout de même poser mon livre mais à chaque fois que je l'ai repris j'étais de nouveau plongé dans l'histoire.

On suit deux histoires parallèles, le présent et le passé. Dans les deux les informations arrivent au fur et à mesure de la lecture, discrètementCe qu'il y a de particulier c'est que ces différents changement ne s'effectuent pas à un changement de chapitre. Non. Parfois ça change tous les paragraphes, ou au bout de 5 paragraphes, c'est assez aléatoire. Et ça m'a dérangé au point qu'à partir du milieu du livre j'ai eu des périodes où je décrochais, je me perdais. C'est dommage.

Si je l'ai noté que 3/5,  c'est en grande partie à cause de mes décrochages. L'autre raison est dû à la fin qui me laisse perplexe. Tout le long du livre je me demandais comment l'histoire pouvait se terminer, ce qui une excellente chose. La fin est pour le coup inattendue mais avec un arrière goût de "bon et si je finissais ça comment pour voir". J'ai vraiment eu l'impression que l'auteur ne savait pas comment la terminer. 

Je conseille ce livre aux adultes qui veulent vivre l'amour, le sexe et le mystère.


Après cette lecture je suis très curieuse de regarder le film pour voir comment les choses ont pu être mises en scène. Apparemment il se concentre plus sur un élément de l'histoire et non sur les 3 du livre."


> L'avis de Lux
"Tout d'abord, je souhaite remercier pour ce partenariat les éditions Folio/Gallimard ainsi que le blog de Ramettes qui m'ont permis de découvrir un nouvel auteur. J'ai eu grand plaisir à lire Incidences, et j'espère à mon tour vous donner envie grâce à ma chronique.

Marc, la cinquantaine passée, est un écrivain raté. Pour faire bonne figure et vivre de sa passion, il s'est orienté vers l'enseignement. Cependant, c'est loin d'être satisfaisant : ses étudiants lui semblent bien médiocres et l'aigreur le ronge. Ses seuls plaisirs restent la cigarette, les promenades en forêt... et le sexe. De préférence, avec de jeunes et jolies filles qu'il aura rencontrées durant ses cours. Immoral, vous avez dit ?

Il vit avec sa soeur aînée, Marianne. Leur relation nous semble tout de suite étrange, sans que l'on sache bien pourquoi. Nous le découvrons au fil de la lecture. Disséminés çà et là, des flashbacks de leur enfance nous en apprennent un peu plus sur la maltraitance qu'ils ont subie et la manière dont ils en ont réchappé. Pour faire face, ils ont mis en place une relation fusionnelle. Un peu trop ?

Cette famille pas comme les autres coule des jours plus ou moins tranquilles, jusqu'au drame. Marc, après avoir ramené une énième étudiante dans son lit, la trouve morte au petit matin. Que s'est-il passé ? Ne cherchant pas les complications, il décide de se débarrasser du corps deBarbara. Il pensait s'en sortir facilement, mais voilà qu'arrive la mère de Barbara. Elle se pose des questions, forcément. Contre toute attente, Marc tombe sous son charme.

L'écriture de Philippe Djian m'a littéralement transportée. J'ai été séduite par la mise en abîme de l'écrivain mettant en scène un écrivain raté, pétri de traumatismes et de migraines violentes. Marc est totalement, absolument détestable. Pourtant, on voudrait presque lui pardonner : après tout, il n'a pas eu beaucoup de chance dans la vie. Est-ce une raison suffisante ?

J'ai été très surprise de la tournure des événements : les révélations concernant les personnages et leurs relations pleuvent, et on se retrouve pris dans un tourbillon de mensonges et de manipulations. Jusqu'au feu d'artifice final. Captivant !"


> L'avis de Ramettes
"Amateurs de roman policier ceci n’est pas une enquête à proprement parler… l’enquête porte sur qui est Marc ? pourquoi a-t-il se comportement envers les jeunes étudiantes et face aux situations extrêmes ?

Avertissement au lecteur… si vous être en plein sevrage de nicotine passez votre chemin. Car ça fume à tout va… notamment le personnage principal qui prend plaisir à chaque cigarette qu’il allume… ça doit venir de son côté autodestruction qui l’anime.


Lorsque l’on suit un auteur on finit par chercher des petites choses qui font parties de son univers… En l’occurrence dans les romans de Philippe Djian, les hommes sont faibles et les femmes fortes. Et bien il confirme ce point de vue !

Il y a un côté absurde dans la première réaction de Marc… mais petit à petit on comprend pourquoi il a réagit comme cela. Il n’est pas le « salaud » qu’il pourrait représenter à première vue. Le deuxième cas été de trop... sur enchère dans l'absurde.

On passe son temps à ce demander quand est-ce qu’il va craquer ou se faire piéger… les cigarettes pleines ADN, un témoin qui le prend presque la main dans la panier... Mais lorsque l’on connaît l’univers de Philippe Djian on sait que là n’est pas le but de l’histoire, ce n’est pas un roman policier. Ce qui compte ce sont les relations entre les gens, les non-dits, les ambiguïtés… les enjeux qui sont derrière chaque acte sexuel…

Ah oui le côté « sexe » de Philippe Djian on y a droit à la petite « chatte épilée » à la recherche du plaisir partagé… mais que voulez-vous cela fait boule de neige, une catastrophe en entraînant une autre. Il y a ce côté révélateur comme dans les photos « argentiques »… entre le négatif et la photo il y a des zones d’ombres qui apparaissent…

La jalousie, l’amour, la haine, la colère des sentiments forts, Philippe Djian nous transporte dans un univers border line, sur le fil du rasoir… ponctué de musiques américaines.

Les personnages masculins sont sous l’influence des femmes, ils ne cherchent même pas à s’émanciper. Les personnages masculins n’arrivent pas à affronter lucidement les personnages féminins. On retrouve l'homme à la dérive...
Cette attirance pour la crevasse où il se sent bien est assez malsaine… On pourrait y voir la recherche du ventre maternel ou plutôt le sexe féminin.
De part tous ses non-dits et secrets on reste avec des questions… Le roman se termine avec des interrogations...


Les rôles donnés aux femmes m’ont beaucoup plu :
- la sœur : on s’interroge sur ce qu’elle sait et ne sait pas, on a des doutes sur une possible intervention… les relations frère-soeur... tordus.
- La maîtresse insatiable et inattendue… Liaison très malsaine
- La jeune étudiante … j’ai pensé à liaison fatale… C'est terrible une femme rejetée
A quoi jouent t-elles ? Marc serait un jouet dans les mains des femmes ?
Rebondissement final… quand à la fin-fin elle était logique…"




> L'avis de Sophia Note : 7/10
"C’est un livre à la lecture facile. Marc est un personnage attachant. On rentre très vite dans sa vie.
Les personnages : l'universitaire mâture qui n'a rien contre les petites aventures sans lendemain avec ses étudiantes, sa sœur, avec qui il vit, une femme obsédante qui gravite autour de l'universitaire... Tous sont à la fois là et ailleurs, on pense savoir qui ils sont jusqu'à ce que l'on comprenne... qu'on s'était trompé. C'est là que le talent de l'auteur intervient.
Au fur et à mesure de la lecture, l’auteur distille des informations du passé, tel des images subliminales, au moment où on les lit, on se demande « mais c’est quoi ça, ou veux-il nous emmener ? » par contre la fin m’a laissé sur ma faim – toutes les questions que l’on se pose pendant la lecture reste presque sans réponse."
Fini le 07/03/2014



> L'avis de "Tout ce qui se lit" 
"Marc, 53 ans, écrivain raté, professeur de littérature plutôt atypique, vit avec sa sœur Marianne avec laquelle il entretient un lien de dépendance fusionnelle réciproque. Il est un grand amateur de jeunes étudiantes, ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Mais il a mis en place toutes sortes de stratagèmes pour ne pas être inquiété et il en ramène une nouvelle encore ce soir.

Sauf que Barbara, une de ses meilleures élèves, a le mauvais goût de décéder dans la nuit, dans son lit, pour une raison indéterminée. Il se débarrassera donc de son corps, sans aucune émotion, ne se souvenant même pas de son prénom. Mais sa disparition va mettre en route une enquête policière et provoquer l’arrivée de Myriam, la belle mère de cette dernière, qui pourrait bien lui faire passer son goût pour les jeunettes, même si la jeune Annie déploie toutes sortes de stratagèmes pour le faire tomber dans ses filets…

Je dois avouer que je me suis complètement perdue dans cette histoire. J’ai véritablement eu l’impression d’être lâchée dedans et de ne pas être arrivée à y retrouver mon chemin. Tout est emmêlé, les éléments de compréhension sont donnés à tort et à travers, rendant la reconstitution du puzzle très compliquée.

Et puis, il y a des morts dont on ne comprend pas toujours ce qu’ils font dans l’histoire. Que lui amène le décès de ce policier sur le bord de la route ? En tout cas, au final, il y a des personnages et des situations dont on se demande ce qu’ils viennent faire là, si ce n’est de renforcer cette sensation de glauque aussi étouffante que le huis clos et les cigarettes que partagent Marc et Marianne.

En fait, ce roman aurait pu prendre plusieurs directions. Il aurait pu être un roman d’amour puisque Marc va le découvrir, ou un roman policier où on aurait pu suivre l’enquête remontant ou pas jusqu’à lui, ou encore un roman de sexe puisqu’il est très présent, ou même un roman psychologique explorant la genèse et les tréfonds de la relation fusionnelle et ambiguë de ces personnages singuliers que sont Marc et Marianne. Mais au final, aucune d’elles n’est explorée. Toutes ces facettes sont mêlées, mais aucune n’est approfondie, me laissant vraiment un goût d’inachevé.

Enfin, je dois avouer que le fait qu’il y ait, sur la couverture, la photo des acteurs de la version cinématographique m’a un peu gêné. Je n’ai pas pu transposer les personnages dans mon imaginaire, ce qui m’a un peu bridé. La version originelle de la couverture était plus simple, mais aussi plus suggestive…

Au final, je n’ai pas pu pénétrer l’univers de Philippe Djian où mort, sexe, et huis clos se mêlent. Jai manqué d’éléments pour me permettre d’avoir une lecture « juste » de ce roman. Je tenterais peut être une nouvelle aventure avec cet auteur pour ne pas rester sur une mauvaise expérience."



Et vous vous en avez pensez-quoi ?

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