lundi 21 septembre 2015

L'avis de Ramettes : Les romans n’intéressent pas les voleurs

Alain Rémond
Editions de la Loupe, 2008,  225 p., 20,50€




4e de Couv. :

Son métier, aux éditions Hurtebise, c'est de « mettre en forme » les romans des autres. Notamment les innommables salades de Bannister, le best-seller maison. Qui produit à la chaîne des romans totalement nuls. C'est à lui, Jérôme, de leur donner du ton, du style, de les faire tenir debout.
Mais sa vraie passion, à Jérôme, c'est Santenac. L'auteur génial et météorique de trois livres, au début des années 1960. Trois livres et puis plus rien : Santenac, soudain, a disparu, plus personne ne l'a jamais revu. Avec Jean-Paul, son ami d'enfance devenu journaliste, Jérôme n'a qu'une idée en tête : retrouver Santenac. Et lire les livres qu'il a forcément écrits, au fin fond de sa retraite. Justement, ce matin-là, alors qu'il vient de prendre livraison du nouveau manuscrit de ce crétin de Bannister, Jérôme reçoit un coup de téléphone de Jean-Paul : il a retrouvé Santenac…
On n'en dira pas plus sans gâcher le plaisir.

Ma Chronique :
J’ai choisi de vous présenter ce livre pour deux raisons, la première parce que je l’ai bien aimé et la deuxième pour sa particularité éditoriale. Je me suis rendu compte que les livres à gros caractères ont une place très importante dans les bibliothèques que j’ai fréquentée ces dernier temps. En effet ceux qui empruntent le plus de livres en bibliothèque ce sont les seniors et il leur est très difficile de lire les livres de poche voire certains brochés. Il y a plusieurs maisons d’éditions qui proposent un catalogue assez varié. Ce livre est publié en taille « 17 » et j’avoue que sans être seniors et problème de vue c’est bien agréable le soir. Les éditions  La loupe publient des romans en caractère « 17 » « 18 » « 19 » et « 20 ». Il existe plusieurs éditeurs spécialisés.

Intriguée par la quatrième de couverture qui parle de passionnés de livres j’ai eu envie de découvrir cet auteur dont le nom ne m’est pas inconnu, j’ai lu des articles dans Telerama ou dans France culture papiers.

Une amitié qui dure depuis la sixième, une passion commune pour un auteur : Santenac qui aura influencé leur vie. On imagine l’exaltation de l’adolescence.
Leur vie d’adulte se poursuit par la quête « retrouver Santenac ». En effet après trois chefs d’œuvres et avoir était au sommet de la gloire, Santenac a disparu de la circulation. Pourquoi ? Comment ? Où ? Personne ne sait.
Ce roman débute alors que notre narrateur, Jérôme s’ennui au travail. Son comparse le journaliste Jean-Paul a trouvé une énième piste. Ni une ni deux nos deux parisiens partent en province dans l’Aveyron chez un couple de libraires qui auraient vu Santenac.
Ce roman pose des questions comme : que  fait-on  lorsque nos rêves d’adolescents se concrétisent.
Ils ont des réponses tant recherchées mais pas vraiment celles qu’ils imaginaient.
Que faire après ?
Que devient cette amitié ?
Comment revenir à sa vie normale ?
Que faire des informations trouvées ? Il faut faire des choix …
L’amitié sera-t-elle plus forte que tout ?
Et la famille dans tout ça ?

L’autre facette de ce roman c’est une satire sur la machine littéraire.
Comment on fait et on défait un auteur dans ce milieu.
Il nous montre comment un jeune auteur se laisse happer par le système.
Les éditeurs, les autres auteurs, les journalistes, les publicitaires, de libraires et même les lecteurs, aujourd’hui ont peut inclure les réseaux sociaux et les blogueurs, tous participent à ce jeu. J’ai eu l’image du ballon de baudruche que l’on gonfle, qu’on laisse s’envoler et qu’on perce d’un flèche, qui part dans tous les sens et que l’on finit par piétiner.
Ce livre parle aussi de passionnés, de lecteurs, de libraires qui font vivre et voyager les livres.
Les livres comme substituent à la vraie vie ont une limite et le narrateur en fera la triste expérience.
Il y a donc une avant et un après les retrouvailles du grand écrivain. Cela pourrait s’arrêter là, mais Alain Rémond a encore des choses à nous dire et c’est un nouveau rebondissement qui va donner une autre dynamique. Nos deux héros non pas fini leur voyage. La déception, la trahison et la vie n’ont pas fini leur travail.
Il y a beaucoup d’humour, un côté tragicomique qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la fin. Fin qui m’a surprise puisque j’étais partie sur une fausse piste.
Jerôme aura grandi l’espace de quelques mois.

A bientôt






2 commentaires:

  1. Tu me donnes bien envie de le lire.
    D'Alain Rémond, j'avais beaucoup aimé la trilogie "Un jeune homme est passé" ... mais je ne connais pas du tout celui-ci. Ton résumé est très tentant, je vais essayé de le trouver.
    Et si possible en grands caractères. J'en lis depuis longtemps déjà, et je trouve ça très confortable !

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  2. N'hésitez-pas à demander un catalogue papier des Editions de la Loupe!

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