lundi 30 mai 2016

LECTURE COMMUNE : La Spirale des mensonges - Louise Caron

En mai, Parlons Livres vous proposait de participer à la lecture commune du roman "La spirale des mensonges" de Louise Caron. 
Ramettes et Langue Déliée se sont prises au jeu, et sans mensonges, nous donnent leurs avis. 

http://www.librinova.com/shop/louise-caron/la-spirale-des-mensonges
La Spirale des mensonges - Louise Caron 
Librinova, mars 2016, 3,99 €
La spirale des mensonges - Louise Caron - roman (livre numérique)
4ème de couv. : "Printemps 2009. Vingt-deux ans qu’Éléonore avait quitté Paris. Un trait tiré sur son passé. Une rature. Dans un hôpital parisien, devant le corps d’Antoine relié au monitoring, muette et sans compassion, elle regrette d'avoir quitté son mas cévenol. Une grève des cheminots la bloque dans un Paris inhumain qu’elle ne reconnaît pas. Entre les rencontres, douleurs et souvenirs remontent en bouffées successives. Elle évoque sa vie avec Antoine, sa fille Léa, et son fils disparu. Après l’accident de Guilhem, Éléonore s’est murée dans une souffrance destructrice. Sa fille en a fait les frais.
Léa est la seconde voix du récit. Voix discordante d'une écorchée vive qui doute et nous fait douter… Pour survivre à la mort de son frère, elle a reconstruit un monde à elle, et nous entraîne dans la spirale des mensonges.
Le suspense dure jusqu'à la dernière page où la vérité et les sentiments sont enfin dévoilés.
"Un roman fort avec une histoire qui touche et captive, écrit dans un style efficace, précis et rythmé, qui fait que le livre refermé, on ne peut pas l'oublier.""

N'hésitez pas à vous rendre sur : http://caronlouiser.blogspot.fr/p/la-spirale-des-mensonge.html pour en savoir plus sur La Spirale des mensonges 

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• L'avis de Ramettes 
Une balade dans un Paris en grève où les pavés ressemblent à des pièces d’un puzzle qui ont gardé en mémoire des images du passé. Bloquée dans la capitale, elle va ouvrir la boîte de Pandore et voir surgir tous les fantômes du passé.
Cette lecture m’inspire plutôt, la spirale du temps. Lire cette histoire où les personnages sont en plein dans les grèves pendant que les blocus et les casseurs font partie de notre actualité cela me plait bien… Bien sûr une grève en appelant une autre, Eléonore va bien sûr se souvenir de celles de 68.
Nous avons deux parties dans cette histoire avec deux « je » différents. Dans la première partie c’est la mère, son regard, qui nous fait part de ses sentiments, de ses émotions et de ses souvenirs et de ce qu’elle vit au présent.
La focale change dans la deuxième partie où l’on va avoir le point de vue de la fille. Le texte prendra alors un autre rythme, l’écriture se fera plus nerveuse plus dans l’urgence.
Mais revenons à Eléonore, elle a accumulé tant de « négatif » qu’elle est en permanence sur le qui vive et en position d’attaque pour masquer son état de faiblesse.
Il y a un effet de miroir entre l’actualité et sa vie. Les français sont en pleine révolte et elle aussi, des casseurs profitent de la situation et elle rencontre des gens qui essaient de profiter de sa situation. Mais n’allez pas croire, que c’est un roman triste et sombre. Il y a de belles rencontres et l’amitié qui viennent redonner sens à ce qu’elle vit.
La deuxième partie, plus brève, c’est le point de vue de Léa. Elle aussi a vu sa vie aspirée par le mensonge « originel ». Léa va utiliser un magnétophone pour parler, car la communication est interrompue entre sa mère et elle. Cette confession va se faire à sens unique puisqu’elles n’ont pas réussi à tout se dire de vive voix. La parole ne peut être directe dans cette relation basée sur des mensonges.
C’est un roman sur la famille, sur les secrets qui empoisonnent les relations jusqu’à provoquer des morts.
L’image de l’escalier qui a été choisi pour la couverture du e-book reflète bien l’idée de marches à gravir, parfois on imagine bien le personnage descendre quelques marches avant de remonter. Quelle porte va-t-elle ouvrir ? Qui se trouve derrière ? Va-t-elle sauter le pas ?
Des vies brisées par des doutes, des désamours qui conduisent à des souffrances. Le mot « mésamours » (dans le sens de mauvais amours) m’est venu au cours de ma lecture, tous les membres de cette famille se sont mal-aimés.
La trame de fond c’est  l’amour sous toutes ses formes. L’amour entre deux êtres, l’amour maternel ou paternel, ou celui d’un médecin et ses patients. Amour de la vie… ou amour pour la vie, pour toujours…
Il est  question aussi  de deuxième chance. Peut-on vivre après un drame ? Peut-on aimer après une perte tragique ? Ne faut-il pas crever l’abcès pour guérir les plaies du passé ?
C’est une histoire qui ne laisse pas indifférent, la partie « introspection » de ses deux femmes nous renvoie à questionnements sur la culpabilité et sur les conséquences des mensonges et de ses actes.
Cette remontée dans les souvenirs permet  aussi de tracer les moments importants de l’histoire d’une femme, mais aussi de la société française depuis les années soixante.
La thématique de la quête de l’identité qui est Eléonore ?, qui est Léa ?, qui est coupable ? 
Certaines attitudes de ses deux femmes m'ont dérangées et agacées car trop campées sur leurs positions respectives. Par contre, j'ai été très touchée par un personnage secondaire celui de Myriam qui vit dans sa bulle, une vie en sursis, un regard extérieur hors du temps, qui est à l’écoute et dans son œil observateur un brin de malice.
Louise Caron nous donne à lire un roman à plusieurs entrées où chaque lecteur trouvera son chemin. Les personnages sont-ils sur la voie de la résilience ou de la rupture totale ?
J'ai découvert l'écriture de Louise Caron en lisant "Chronique de jour de cendre" publié Aux Forges de Vulcain qui se déroule dans un tout autre cadre. C'est une auteure que j'ai envie de suivre. Je vais prochainement lire son recueil de nouvelles "Des îlots d'errance". Et qui sait peut-être ses pièces de théâtre...
Ramettes

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• L'avis de Langue Déliée Noté 2*/5*
Une histoire de famille, deux visions des événements, une flopé de mensonges. 
Eléonore, la mère, se retrouve coincée plusieurs jours à Paris. Cela lui rappelle des souvenirs et la force à une introspection profonde de sa vie, de ses doutes, de ses blessures, de ses amours, de ses silences, de son passé…
Léa, la fille, se livre à corps perdu dans des confessions demandées. Pas facile de parler de tant de douleurs cachées, tant de mensonges. Mais elle doit la vérité. Il le faut. 

"C’est loin. Extrêmement loin. J’ai dû changer aussi. Je ne pense pas aux rides, aux cheveux blancs que la couleur mensuelle dissimule de plus en plus mal. Pour ça, il suffit d’un miroir. Je pense à l’intérieur. A la tête. Au cœur. Aux profondeurs du corps."

Le livre est construit en 3 parties des tailles différentes. 
La 1ère partie, la plus longue, est l’histoire d’Eléonore mère de famille de 42 ans. Rédigée à la première personne on alterne entre passé et présent au fil de son séjour à Paris. On y découvre une femme meurtrie profondément et de multiple  façon. Un personnage solitaire et reclus dans le silence. On aperçoit les paysages, on ressent les odeurs, on entend les sons, grâce aux longues descriptions.  
La 2ème partie, plus courte, plus concise, plus dense, est l’histoire de Léa, la fille de 23 ans d’Eléonore. Elle livre son passé, sa vérité, à la première personne et à voix haute. C’est direct. Franc. Comme pour tout discours non préparé, les dates s’entremêlent, jouent à saute-mouton, mais tout se tient et on ne se perd pas en cour de route. 
La 3ème partie, de quelques pages, est l’épilogue. Une sorte de fin. Il est écrit à la 3ème personne avec le point de vue d’Eléonore. Il est très résumé alors qu’elle apprend des choses importantes. Nous n’avons pas son ressentit sur tout, ni détaillé comme cela a été le cas dans sa partie. Après tout ce qui a été dit jusque là on s’attend à une fin riche en émotion et forte qui réunit les 2 points de vue mais c'est loin d’être le cas. Cela donne une sensation que cette partie a été préparée pour être écrite puis laissée tel que.

"Le film m’a laissé un goût amer. Je n’aime pas les histoires vraies. Encore moins au cinéma. Comment se distraire avec la vie des autres si elle ressemble à la vôtre ?"

L’intelligence des 2 premières parties est qu’on apprend des choses de part et d’autres sans se répéter sur les sujets communs. Si l’une a parlé d’un événement, l’autre le survolera juste pour le replacer dans la chronologie. Il n’y a pas de redite inutile. Les 2 formes une seule histoire. Tout s'imbrique. 

Les thèmes abordés sont variés. Ils parlent des femmes, du deuil, de l'absence, de la jalousie, de la construction de soi, de l'amour, de la haine, de la lâcheté...
L'écriture générale du livre est à peu près la même pour toutes les parties. Franche. Sèche. Directe. Brutale. Elle représente très bien les personnages et leurs histoires. 
Le vocabulaire est choisi avec soin et recherché. C'est agréable à lire. 
  
"Tu peux arroser les morts de pleurs, ils ne repousseront pas. Il faut vivre pour penser à eux. Les garder intacts dans notre mémoire."

Le choix du synopsis et du titre me laissent perplexe. 
Le synopsis* fait d’avantage pensé à une chronique de livre qu’à une 4ème de couverture qui donne envie de lire le livre en quelques lignes. Il en dit beaucoup trop. Il est trop long.
Le titre quant à lui ne correspond pas tout à fait à l'idée qu'on peut se faire du livre. On pourrait s'attendre à une histoire dans le présent avec un enchainement de mensonges et de l'action. Or, ici nous sommes plus dans l'introspection, la douleur, des vies gâchées même si les mensonges sont très présent on ne le ressent pas ainsi. On est dans la conséquence de mensonges et non l'action de mentir.

"Le dimanche s’étirait comme un chat malade."

Ce livre obtient la note de 2*/5* car j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire au début. Les trop longues descriptions m‘ont parfois ennuyées et l’épilogue ne répond pas suffisamment à toutes les questions pour qu’il me satisfasse sous cette forme. Pourquoi la 3ème personne alors que c'est le point de vue d'Eléonore ? Pourquoi connait-on seulement son sentiment sur les réponses aux questions qu'elle se posait alors qu'elle apprend également une nouvelle bouleversante ? On dirait que cela lui fait ni chaud ni froid... Pourquoi ce côté très distant alors que tout le livre est dans l'intime et la force ? C'est dommage.
En revanche, j'ai beaucoup aimé la partie de Léa, cette oralité, son personnage. 

Ce roman aux 2 visages plaira aux personnes qui aiment les personnages abimés, le contraste entre citadin et villageois, comment se construisent 2 âmes qui ne se comprennent pas...
 Langue Déliée

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A bientôt :)

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