jeudi 10 novembre 2016

L'avis de Ramettes : Le voleur de sandwich



Patrick Doyon (illustrateur) et André Marois (auteur)
Éditions La Pastèque,  mai 2015, 168 p., 15 €
Le Prix de Incorruptibles 2016-2017 classes de CE2-CM1
4e de couv. :
Marin adore les sandwichs que lui préparent ses parents. Ils sont chaque jour différents  et meilleurs que la veille. Puis, un lundi matin, quelqu'un ose lui voler son sandwich préféré : le jambon-cheddar-laitue. Outré, le garçon décide d'enquêter pour démasquer le voleur. La semaine avance, les suspects se multiplient et les sandwichs de Marin continuent de disparaître. Jusqu'à ce que...


Mon Billet :

C’est un roman graphique où le texte et l’image attirent autant notre attention.

Dans un premier temps je m’intéresserai principalement au texte et ensuite à l’image.

Ce livre est l’occasion pour nos petits élèves de primaire en France de se rendre compte qu’ailleurs, l’école ne fonctionne pas de la même façon. Les plus curieux vous demanderont ce qu’est une boîte à lunch et pourquoi ils apportent leur sandwich à la cafétéria et pourquoi eux sont obligé de manger ce qu’on leur propose à la cantine ! Sans parler des variétés de sandwich qu’ils ne connaissaient pas…

On découvre quelques mots québécois comme « écrapoutie » « achalant » « boîte à lunch » « dépanneur». C’est aussi le moment d’aborder l’utilisation du français dans le monde. Un peu de géographie ne nuit pas par les temps qui courent ! On sort le globe et on positionne par exemple le Canada et le Québec ! A vos petites fiches chers parents !

Ce livre est un prétexte pour montrer l’univers de Marin.

D’abord la sphère familiale, il sait que c’est rare que des parents préparent des sandwichs  variés et spéciaux. On découvre ces préférés et ceux qu’il mange pour faire plaisir à sa maman, avec  « la farine d’épeautre qu’elle achète dans un magasin de kung fu ». [Petite digression… franchement la luzerne c’est bon pour les lapins moi cela ne me tente pas !] … et son papa qui lui glisse un petit mot gentil tous les jours dans sa boîte repas, les auteurs en ont profité pour les lier avec ce qu’il lui arrive dans la journée !

Dans cette histoire on voit que chaque enfant mange différemment. Que certains mangent trop et d’autres pas assez et qu’il est bon de partager. Cette histoire transmet de belles valeurs.

Après le cercle familial on passe au cercle des amis et des « moins amis » car la disparition du sandwich soulève un problème :  tout le monde est potentiellement suspect ! Chaque geste ou attitude est sujet à caution.

On étend la sphère sociale de l’enfant aux adultes qui l’entourent.

Le concierge de l’école, le directeur et le professeur.

Tous ont un comportement suspect. Marin n’hésite à les accuse après avoir récolté des indices.

Cette question soulève le problème du silence de la jeune victime. Et la morale qu’on pourrait en tirer  serait « il faut toujours en parler à ses parents ».

Cette histoire pourrait servir à aborder des sujets annexes comme le racket et autres problèmes au sein de l’école.

Ce roman graphique par son humour allège ce qui pourrait paraître parfois lourd. Le dessin est présent soit par  petites touches soit en pleine page. J’ai bien aimé les bulles qui viennent montrer comment intégrer des dialogues dans un texte écrit, pour mieux donner la parole aux personnages, un petit côté BD dont sont friands les enfants.

Je ne m’y connais pas trop en graphie mais j’ai lu que c’était une impression  en quadrichromie. Les formes sont parfois assez géométriques. Les contrastes de couleur permettent une utilisation du noir. Des fonds blancs, ocres, rouges, noirs donnent une certaine ambiance. Des visages sont parfois en très gros plans. Il y a un petit quelque chose du dessin manga dans les visages exagérément expressifs (notamment les bouches) et les onomatopées etc.

On sent un coup de crayon vif, on a une impression de mouvement, d’action. Les dessins sont très expressifs, on dirait presque qu’un enfant pourrait dessiner comme cela, mais on voit que l’ensemble est travaillé avec tous les détails et les  codes qu’il faudrait prendre le temps de bien décrypter pour en découvrir toute la richesse, car chaque détail a son sens et son importance.

On rit beaucoup en suivant l’histoire, car les dessins accentuent l’exagération de Marin qui dramatise tout. Marin finit par trouver auprès de sa mère la solution pour attraper le coupable…  heureusement la maman a beaucoup d’imagination…




 Regardez ces mains qui exprime le peu d'envie qu'il a de prendre cette chose toute flasque !

A bientôt pour une histoire…
En attendant je vous souhaite une belle lecture !


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